Pourquoi le gouvernement aide la Seine-Saint-Denis plutôt qu'un autre département ?

Cela va coûter plusieurs dizaines de millions d’euros. Le plan prévu par le gouvernement pour épauler la Seine-Saint-Denis (Petite couronne, Île-de-France) comprend un panel important de mesure visant à redynamiser le département, indique Europe 1. Aux yeux de l’équipe exécutive, cela passe notamment par une prime de 10 000 euros à l’attention des fonctionnaires qui demeurent plus de cinq ans sur place, mais aussi par la création de 150 postes de policiers. Un conseiller du Premier ministre l’assure : l’idée, c’est de faire “du sur mesure” et de coller le plus possible aux réalités locales.

Mais pourquoi venir en aide à la Seine-Saint-Denis plutôt qu’à l’Aisne, l’Allier où la Meuse ? Qu’est-ce qui motive ainsi le gouvernement et qui pousse l’ensemble des politiques à se rendre dans ce département désormais bien connu des Françaises et des Français ? D’après Le Monde, c’est le rapport parlementaire publié en mai 2018, qui fait état d’un grave échec de la République. Il évoque un État qui serait à la fois “inégalité et inadapté”, comme soulignait le quotidien du soir au moment de la publication de l’enquête. Ce texte aurait “mis en alerte le gouvernement”, poursuit d’ailleurs Matignon.

Si la Seine-Saint-Denis est le département le plus visité par les politiques, c’est aussi le plus pauvre de France, rappelle Le Figaro. Le journal parle d’ailleurs d’un “territoire rongé par la pauvreté” et les “carences structurelles”. France 3 Île-de-France pointe du doigt les violentes inégalités qui y sont encore constatées.

“Cette démarche montre que le gouvernement a pris conscience de la rupture d’égalité républicaine en Seine-Saint-Denis”, estime pour sa part François Cornut-Gentille, député LR de la Haute-Marne, qui a contribué à l’écriture du rapport.

Que comprend le plan prévu par le gouvernement ?

Dans le détail, le plan comprend une batterie de 23 mesures, pensées pour redorer le blason du département.

Parmi ces dispositifs, on retrouve notamment :

  • une prime de 10 000 euros pour fidéliser les fonctionnaires
  • le recrutement de 150 policiers, mais aussi de 12 nouveaux magistrats, de 35 greffiers et de 100 officiers de police judiciaire
  • la rénovation des commissariats d’Aulnay-sous-Bois et d’Épinay-sur-Seine, pour un coût total de 30 millions d’euros
  • le renforcement des contrôles relatifs à la salubrité des logements
  • le recrutement de 500 nouveaux enseignants — 20 millions d’euros doivent d’ailleurs être consacrés aux investissements immobiliers afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des écoliers
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